Devenir parent : une nouvelle place dans la famille élargie
29 septembre 2025
Devenir parent, ce n’est pas seulement accueillir un enfant : c’est aussi trouver une nouvelle place dans sa famille, parfois même dans toute une lignée. Quand un bébé naît, c’est tout un monde qui se réorganise.
Prenons l’exemple d’une femme qui devient mère. Symboliquement, elle succède à sa propre mère dans la chaîne des générations. Elle entre dans un rôle qu’elle a observé toute sa vie, mais qu’elle n’avait encore jamais vécu de l’intérieur. Pour l’homme qui devient père, le mouvement est semblable : il se retrouve en écho avec la figure de son propre père, consciemment ou non.
Et puis, il y a la découverte du partenaire dans ce rôle inédit. Le couple se transforme : d’abord conjugal, il devient aussi coparental. Celui ou celle qui était un compagnon amoureux devient, on l’espère, un partenaire parental solide, présent et soutenant.
Quand le système familial se réorganise
En psychologie systémique, la famille est vue comme un organisme vivant, en constante évolution. L’arrivée d’un enfant est un bouleversement majeur : les enfants deviennent parents, les parents deviennent grands-parents, les frères et sœurs deviennent oncles et tantes. Chacun change un peu de place.
Cette réorganisation ne se réduit pas à un simple changement de titres. Elle réactive aussi souvenirs, images et émotions. Certains y trouvent une continuité rassurante, d’autres ressentent des tensions, comme si des blessures anciennes ou des attentes familiales refaisaient surface au moment de la parentalité.
Les transmissions invisibles
Nous héritons tous de notre histoire familiale. Les psychologues systémiciens parlent de loyautés invisibles : ces fidélités silencieuses qui nous poussent à répéter certains schémas. Elles se transmettent parfois à travers des gestes, des manières d’éduquer, des valeurs… ou au contraire par des silences et des secrets.
Mais devenir parent, c’est aussi une occasion de liberté. Chacun peut choisir de garder ce qui l’a nourri, transformer ce qui a pesé. Chaque parent devient alors un passeur : entre l’héritage reçu et l’avenir qu’il souhaite offrir à son enfant.
Entre héritage et création
Devenir parent, c’est se tenir à un carrefour : on reste l’enfant de ses propres parents tout en devenant le parent de son enfant. Cette double appartenance peut sembler paradoxale, mais elle invite à des questions essentielles :
• Qu’ai-je envie de transmettre ?
• Qu’est-ce que je préfère transformer ou arrêter ?
• Comment trouver ma propre manière d’être parent, sans me sentir enfermé·e par ce que j’ai reçu ?
• Quelle nouvelle relation cela implique-t-il avec mes propres parents ?
Ces réflexions ne sont pas des obstacles mais des passages. Elles rappellent que la parentalité n’est pas seulement une affaire de couches ou de nuits écourtées : c’est aussi un chemin intérieur, une mise en lien entre les générations.
Trouver sa propre place
Devenir parent, ce n’est pas être parfait ni tout savoir faire. C’est avant tout trouver une place qui fait sens pour soi, en équilibre entre fidélité et liberté, entre héritage et création.
Chaque parent compose avec son histoire, ses ressources et ses fragilités. Il n’existe pas une seule bonne manière d’être parent. Mais une certitude demeure : en devenant parent, chacun écrit une nouvelle page de l’histoire familiale. Une page unique, qui relie le passé et ouvre l’avenir.

En tant que sage-femme, j’accompagne chaque jour des femmes dans l’un des passages les plus bouleversants de leur vie : la naissance d’un enfant… mais aussi la naissance d’une mère. Le post-partum, cette période après l’accouchement, est souvent idéalisé. On l’imagine doux, rempli d’amour et de moments suspendus. Et il y en a, bien sûr. Mais il y a aussi tout le reste — ce que l’on dit moins, ce que l’on ose parfois à peine ressentir. Aujourd’hui, j’avais envie de mettre des mots sur cette réalité du post-partum, avec douceur et sans jugement. Un corps en récupération après l’accouchement Après l’accouchement, votre corps entre dans une phase de récupération intense. Il a porté, donné, traversé quelque chose d’extraordinaire. Il est donc normal qu’il soit fatigué, sensible, parfois douloureux. Les saignements, les tensions, les cicatrices, la sensation de “vide” dans le ventre… tout cela fait partie du post-partum. Rien n’est anormal. Votre corps ne vous lâche pas — il se reconstruit, à son rythme. Prenez ce temps. Il est précieux. Des émotions intenses après la naissance Les jours et semaines qui suivent la naissance peuvent être émotionnellement très chargés. Les hormones fluctuent fortement, le sommeil est fragmenté, et votre vie vient de basculer. Vous pouvez vous sentir joyeuse, puis submergée, puis inquiète… parfois tout cela dans la même journée. Le baby blues est fréquent en post-partum et ne remet absolument pas en question l’amour que vous portez à votre bébé. Si les émotions deviennent trop lourdes ou durent dans le temps, il est important d’en parler : vous n’êtes pas seule, et il existe des solutions. Un post-partum loin des images idéalisées On voit souvent des images de maternité idéalisée : des mères apaisées, des bébés calmes, des maisons rangées. La réalité du post-partum est souvent différente. Et c’est normal. Vous avez le droit de ne pas vous sentir immédiatement à l’aise. Vous avez le droit d’apprendre. Vous avez le droit d’être fatiguée. La charge mentale des jeunes mamans Un nouveau-né demande une présence constante. Les journées et les nuits se mélangent, les repères changent. La charge mentale en post-partum peut être importante, surtout si vous avez peu de relais autour de vous. N’hésitez pas à demander de l’aide — pour les repas, le ménage, ou simplement pour pouvoir dormir un peu. Se faire accompagner, ce n’est pas un signe de faiblesse, c’est un besoin légitime. Devenir mère : un processus progressif On ne devient pas mère en un instant. Le post-partum est une période de transition, une rencontre avec son bébé… mais aussi avec soi-même. Certaines femmes se sentent rapidement en confiance, d’autres ont besoin de plus de temps. Toutes ces expériences sont valables. Petit à petit, les repères se construisent. Conseils pour mieux vivre le post-partum Parce que savoir ne suffit pas toujours, voici quelques repères concrets que je donne souvent aux jeunes mamans : 1. Se reposer après l’accouchement Le manque de sommeil est l’un des plus grands défis du post-partum. Essayez de dormir dès que votre bébé dort, même en journée. Le ménage peut attendre — votre récupération, non. 2. Accepter de ne pas tout gérer Vous n’avez pas à être parfaite. Simplifiez au maximum votre quotidien : repas simples, maison “en vie”, rythme ralenti. L’essentiel, c’est vous et votre bébé. 3. S’entourer pendant le post-partum Famille, amis, professionnels : acceptez l’aide proposée et osez en demander. Une présence, un repas, une écoute peuvent faire une grande différence. 4. Prendre soin de son corps après la naissance Hydratez-vous, mangez à votre faim, et prenez quelques minutes pour vous chaque jour. Ce sont de petites choses, mais elles comptent énormément. 5. Parler de ses émotions Parler libère. Que ce soit à votre partenaire, une amie ou une sage-femme, exprimer ce que vous ressentez permet de ne pas rester seule avec. 6. Reconnaître les signes de détresse post-partum Si vous vous sentez triste en continu, dépassée, anxieuse ou détachée de votre bébé, il est important de consulter. Demander de l’aide est une démarche courageuse et essentielle. 7. Se rappeler que cette période évolue Même si certaines journées semblent interminables, les choses changent. Votre bébé grandit, vous apprenez à vous connaître, et un nouvel équilibre se construit. Être accompagnée pendant le post-partum Si vous vous sentez dépassée, triste ou seule, il est important d’en parler. Les sages-femmes et les professionnels de la périnatalité sont là pour vous accompagner pendant cette période. Vous méritez d’être soutenue autant que vous soutenez votre bébé.

Il existe une image très forte, presque universelle : celle de la jeune maman comblée, rayonnante, instinctivement à l’aise avec son bébé, portée par un amour immédiat et évident. Cette image est belle… mais elle est aussi incomplète. En tant que sage-femme, je rencontre chaque jour des femmes qui ne se reconnaissent pas dans ce tableau. Et souvent, cela s’accompagne d’une question silencieuse, parfois douloureuse : “Pourquoi je ne ressens pas ça ?” Aujourd’hui, j’ai envie de déconstruire ce mythe, avec douceur et sincérité. Une vision idéalisée de la maternité La société, les réseaux sociaux, les films… tous participent à construire une vision idéalisée de la maternité et du post-partum. On s’attend à ce que tout soit naturel : l’amour immédiat, les gestes instinctifs, la sérénité, l’épanouissement. Mais dans la réalité, devenir mère est un apprentissage. Et comme tout apprentissage, il peut être hésitant, déroutant, imparfait. Et c’est profondément humain. L’amour maternel ne se vit pas toujours immédiatement Certaines mères ressentent un attachement très fort dès les premiers instants. Pour d’autres, le lien avec leur bébé se construit progressivement, jour après jour. Cela ne veut pas dire que l’amour est absent. Cela signifie simplement qu’il prend un autre chemin. Le lien peut naître dans les regards, les soins, les moments partagés… parfois bien après la naissance. Et cela fait pleinement partie du post-partum. Se sentir perdue après la naissance : est-ce normal ? Il est possible d’aimer son bébé et de se sentir dépassée. De prendre soin de lui et de douter. D’être présente… tout en ayant envie de souffler. Ces contradictions sont normales dans le post-partum. Elles ne définissent pas votre valeur en tant que mère. Être une “bonne mère”, ce n’est pas être constamment épanouie. C’est être suffisamment présente, attentive, et humaine. Le poids de la comparaison chez les jeunes mamans Aujourd’hui, il est facile de se comparer. À d’autres mères, à des images filtrées, à des récits idéalisés. Mais ce que l’on voit est souvent une version sélectionnée de la réalité. Derrière une photo douce se cachent parfois des nuits blanches, des doutes, des larmes. Chaque parcours de maternité est unique. Il n’existe pas de norme émotionnelle à atteindre. Redéfinir l’épanouissement après la naissance Et si l’épanouissement après la naissance n’était pas immédiat ? Et s’il se construisait, lentement, dans les petits moments du quotidien ? un regard échangé, un apaisement trouvé, une confiance qui grandit, L’épanouissement peut être discret, progressif, imparfait. Et pourtant profondément réel. Se donner le droit de ressentir autrement Vous avez le droit : de ne pas vous sentir immédiatement comblée, de douter, de pleurer, de trouver cela difficile. Ces ressentis ne sont pas des échecs. ls font partie du chemin. Plus on normalise cette diversité d’émotions, plus on permet aux femmes de vivre leur post-partum avec moins de culpabilité et plus de liberté. En parler pour ne pas rester seule. Mettre des mots sur ce que l’on vit est essentiel. Cela permet de sortir de l’isolement et de réaliser que l’on n’est pas seule. En tant que sage-femme, je le vois chaque jour : dès qu’une femme ose dire “ce n’est pas comme je l’imaginais”, quelque chose s’ouvre. Un espace de respiration, de compréhension, de soutien. Quelques repères pour se libérer de la pression. Rappelez-vous qu’il n’existe pas une seule façon d’être mère. Éloignez-vous des comparaisons qui vous font du mal. Entourez-vous de personnes bienveillantes et réalistes. Autorisez-vous à apprendre, à votre rythme. Et surtout : parlez de ce que vous ressentez. Vous n’avez pas besoin d’être une mère parfaite. Vous n’avez pas besoin d’être une mère parfaitement épanouie pour être une bonne mère. Vous avez simplement besoin d’être vous — avec vos émotions, vos doutes, votre histoire. Et parfois, l’épanouissement ne ressemble pas à un grand moment évident. Il ressemble à quelque chose de plus simple, de plus fragile… mais aussi de plus vrai. Être accompagnée pendant le post-partum Si vous vous reconnaissez dans ces mots, sachez que vous n’avez pas à traverser cette période seule. Le post-partum peut être magnifique, mais aussi fragile, déroutant et parfois lourd à porter. En tant que sage-femme, je vous propose un accompagnement bienveillant, sans jugement, adapté à votre rythme et à votre réalité. Que ce soit pour parler, être rassurée, poser vos questions ou simplement vous sentir soutenue, chaque rencontre est un espace où vous pouvez être pleinement vous-même. ✨ Chez Mum to Be à Yverdon-les-Bains, nous vous accompagnons avant, pendant et après la naissance, avec une approche centrée sur la femme.
